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Exportations de cognac : volumes, valeur et marchés à la loupe

Exportations de cognac : volumes, valeur et marchés à la loupe

En 2025, le cognac a expédié 141 millions de bouteilles dans le monde, contre 166 millions un an plus tôt. Les chiffres des exportations de cognac, publiés par le BNIC, montrent un marché mondial qui recule dans presque tous les pays, sous le poids des droits de douane chinois et américains.

Trois repères datés

  • 2022 : plus de 212,5 millions de bouteilles exportées, sommet récent de la filière (cognac.fr).
  • 2024 : 166 millions de bouteilles et près de 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires (BNIC, via Vitisphere).
  • 2025 : 141 millions de bouteilles (moins 15,1 %) et 2,24 milliards d'euros (moins 25,3 %) (BNIC, via Just Drinks).

Combien de bouteilles de cognac partent à l'export chaque année ?

Le cognac vit presque entièrement de l'export : selon le site de l'interprofession, près de 97,5 % de la production quitte la France et le spiritueux charentais se vend dans près de 139 pays (cognac.fr, page « Les marchés »). Le marché français, sixième débouché en 2025, pèse donc très peu face au reste du monde.

Le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) publie, pour suivre les ventes, deux séries qu'il ne faut pas confondre. La première suit l'année civile, de janvier à décembre. La seconde suit la campagne viticole, d'août à juillet, calée sur le rythme des vendanges et de la distillation. Un chiffre cité sans sa période peut donc différer de plusieurs millions de bouteilles d'un article à l'autre ; ce dossier s'appuie sur l'année civile.

Les quantités s'expriment en bouteilles de 70 cl (les « cols » de la profession) et le chiffre d'affaires en euros, au départ des chais. Ces deux mesures racontent souvent des histoires différentes : en 2024, les expéditions ont progressé de 0,4 % pendant que le chiffre d'affaires reculait de 10,6 %, signe que les cognacs jeunes, moins chers, ont pris la place des comptes d'âge plus élevés.

Expéditions mondiales de cognac par année civile
AnnéeVolume (millions de bouteilles)Valeur départ chaiSource
2022plus de 212,5 (exportées)non reprise icicognac.fr
2024166 (plus 0,4 %)près de 3 milliards d'euros (moins 10,6 %)BNIC, Vitisphere, février 2025
2025141 (moins 15,1 %)2,24 milliards d'euros (moins 25,3 %)BNIC, Just Drinks, mars 2026

Les États-Unis, premier débouché du cognac en volume

Les États-Unis restent le premier pays importateur de cognac en nombre de bouteilles, portés par le VS, le compte d'âge le plus jeune. L'interprofession les regroupe avec le Canada et le Mexique dans l'ensemble ALENA, et c'est à cette échelle que la filière publie ses chiffres détaillés.

En 2024, l'Amérique du Nord a reçu environ 70,6 millions de bouteilles, soit une hausse de 15 %, pour environ 1,12 milliard d'euros, en léger repli de 1,5 % (Vitisphere, 6 février 2025). Le rebond venait des cognacs jeunes, en progression de 13,7 % tous pays confondus, alors que le VSOP cédait 8,6 % et le XO 26,4 %.

L'année 2025 a inversé la tendance. L'ALENA perd 19,4 % de ses bouteilles et 34 % de son chiffre d'affaires. L'interprofession relie cette chute à la taxe de 15 % que Washington applique depuis août 2025 aux produits importés de l'Union, vins et spiritueux compris, dans le contexte de la guerre commerciale ouverte par Donald Trump. Les distributeurs américains avaient aussi constitué des stocks en 2024, en anticipation des hausses, ce qui a creusé le recul des commandes l'année suivante.

La Chine et l'Extrême-Orient : un marché tourné vers les qualités âgées

La Chine est le marché du cognac haut de gamme. Selon la page « Les marchés » du site cognac.fr, la catégorie VSOP y représentait 66 % des expéditions en 2018, quand le consommateur américain choisit surtout du VS. Un col vendu à Shanghai ou à Hong Kong rapporte donc nettement plus qu'un col vendu à New York, ce qui fait de l'Extrême-Orient le premier débouché en valeur.

Les envois vers la Chine atteignaient environ 28,97 millions de bouteilles en 2024 (moins 9,6 %), pour un chiffre d'affaires en repli de 23,8 %. Pour 2025, le BNIC publie un total pour l'Extrême-Orient (Chine, Hong Kong, Singapour et voisins), en recul de 20,5 % en bouteilles et de 23,1 % en euros (Just Drinks, 5 mars 2026). Le chiffre propre à la Chine continentale pour 2025 n'apparaît pas dans ces sources ; il n'est donc pas donné ici.

La Chine a lancé une enquête antidumping sur les eaux-de-vie de vin européennes le 5 janvier 2024, puis exigé des cautions à l'importation à partir d'octobre 2024. Le 4 juillet 2025, le ministère chinois du Commerce a rendu ses droits définitifs : 32,2 % en moyenne, pour cinq ans, avec une exemption pour les maisons qui ont signé un engagement de prix minimum (Le Journal des Entreprises, juillet 2025). Les grands groupes en font partie ; beaucoup de petites maisons, non. Le duty free chinois, fermé au cognac depuis décembre 2024, n'avait pas rouvert à la même date.

Europe, Royaume-Uni, Afrique du Sud : les marchés de second rang

L'Europe absorbe une part modeste des ventes de cognac, mais elle reste un débouché régulier. En 2025, le continent a perdu 10,9 % de ses bouteilles et 22 % de son chiffre d'affaires, selon le bilan relayé par Just Drinks.

Dans le détail, le Royaume-Uni se classe cinquième marché mondial avec 7,3 millions de bouteilles en 2025, et la France sixième avec 3,5 millions. L'Afrique du Sud occupe la quatrième place, sans chiffre publié dans la même source. L'interprofession cite aussi l'Afrique du Sud et l'Océanie parmi les nouveaux marchés du cognac.

Ces marchés plus petits ne compensent pas le recul des deux géants : à eux seuls, l'ALENA et l'Extrême-Orient pèsent les deux tiers des bouteilles expédiées en 2025. Une variation de 20 % sur ces deux ensembles compte plus que tous les pays européens réunis.

Expéditions de cognac par grande zone en 2025 (BNIC)
EnsembleBouteilles (en millions)ÉvolutionEuros (en millions)Évolution
ALENA (dont États-Unis)56,9moins 19,4 %737,3moins 34 %
Extrême-Orient (dont Chine)37,7moins 20,5 %861,1moins 23,1 %
Europe28,2moins 10,9 %359,5moins 22 %

VS, VSOP, XO : ce que les qualités disent des ventes

Les ventes de cognac se lisent aussi par compte d'âge. Le VS vieillit au moins deux ans en fût de chêne, le VSOP au moins quatre ans et le XO au moins dix ans. Plus l'eau-de-vie est âgée, plus elle coûte à produire et plus elle pèse dans le chiffre d'affaires global d'une maison.

En 2025, tous les comptes d'âge reculent : moins 16,2 % pour le VS, moins 11,5 % pour le VSOP et moins 23,2 % pour le XO et au-delà. Le repli plus fort du XO explique pourquoi les euros fondent plus vite que les bouteilles (moins 25,3 % contre moins 15,1 %) : les bouteilles qui disparaissent le plus sont les plus chères.

Le comparatif cognac vs VSOP revient souvent dans les recherches, mais il repose sur une confusion : cette mention de vieillissement désigne un cognac, pas un autre alcool. Sur les marchés, le VS domine en Amérique du Nord et en Afrique, les comptes plus âgés en Asie, ce qui rend chaque zone sensible à des facteurs différents.

Du vignoble aux maisons : comment la filière produit ce qu'elle exporte

Le cognac est une eau-de-vie de vin blanc, issue en grande partie du cépage ugni blanc, avec une petite place pour la folle blanche et le colombard. Le vin, peu alcoolisé et acide, passe par une double distillation dans l'alambic charentais avant de vieillir en fûts de chêne. L'appellation couvre plus de 87 648 hectares, répartis en six crus, dont la Grande Champagne et la Petite Champagne, selon le site de l'interprofession.

La région délimitée s'étend sur la Charente, la Charente-Maritime et quelques communes voisines, en Nouvelle-Aquitaine. Les viticulteurs y vendent leurs vins ou leurs eaux-de-vie aux maisons de négoce, qui assemblent, vieillissent et commercialisent. Une maison de cognac comme Hennessy, Martell ou Rémy Martin achète ainsi une grande partie de ses distillats à des domaines indépendants. Cette organisation explique pourquoi un repli des ventes à l'export se transmet en quelques mois jusqu'au vignoble : les achats ralentissent, les stocks montent, et les prix payés aux producteurs suivent.

Le pineau des charentes, produit dans la même zone à partir de moût et de cognac, connaît une économie bien plus tournée vers le marché français ; la fabrication du pineau des Charentes montre comment un même terroir charentais donne deux produits aux débouchés opposés. Dans le Sud-Ouest, l'armagnac, autre distillat de vin, suit des volumes beaucoup plus faibles et une distillation le plus souvent simple ; ses secrets de fabrication de l'armagnac éclairent ce qui distingue les deux appellations.

Ce que ces chiffres disent de l'économie charentaise

Le recul de 2025 a des effets visibles sur le terrain. Avec un tiers de bouteilles en moins par rapport à 2022, la filière a dû ajuster sa production. L'interprofession a réduit les rendements autorisés et examiné un recours à l'arrachage subventionné de vignes, selon Le Journal des Entreprises.

Pour lire ces chiffres sans contresens, trois points comptent :

  • la comparaison avec 2022 exagère la chute, car les années 2021 et 2022 ont été portées par un rattrapage d'après-crise sanitaire et des stocks constitués par les distributeurs ;
  • le chiffre d'affaires chute plus vite que les quantités quand les comptes âgés reculent, ce qui touche d'abord les maisons tournées vers l'Asie ;
  • les droits de douane frappent de plein fouet une filière qui exporte près de 97,5 % de sa production, sans marché national capable d'absorber les surplus.

La place du cognac dans l'économie de la région dépasse le seul vignoble : tonnellerie, verrerie, cartonnage, transport et emplois de négoce dépendent du même calendrier de ventes. Pour situer le cognac parmi les autres eaux-de-vie et liqueurs, la rubrique spiritueux de la Commission des liqueurs rassemble les fiches de la famille.

Côté communication, la loi Évin, texte de santé publique, encadre en France la publicité pour l'alcool : elle limite les messages à l'information objective (origine, composition, mode d'élaboration). Cette règle ne s'applique pas aux campagnes conduites à l'étranger, où chaque pays fixe ses propres normes.

Exportations de cognac : douanes, périodes et sources officielles

Quels sont les chiffres d'exportation du cognac en 2025 ?

En 2025, les expéditions de cognac ont reculé de 15,1 % en bouteilles et de 25,3 % en euros, à 2,24 milliards d'euros départ chai. Ces données de l'interprofession ont été relayées par Just Drinks en mars 2026.

Quels sont les principaux marchés du cognac ?

Les principaux marchés du cognac sont les États-Unis, premier pays en bouteilles, et la Chine avec l'Extrême-Orient, premier ensemble en euros. Viennent ensuite l'Afrique du Sud, le Royaume-Uni et la France.

Quel est l'impact des droits de douane sur le cognac ?

Les droits de douane chinois, définitifs depuis juillet 2025 à 32,2 % en moyenne pour les maisons sans engagement de prix, et la taxe américaine de 15 % sur les produits de l'Union expliquent l'essentiel du recul de 2025, selon l'interprofession. L'ALENA perd 34 % de son chiffre d'affaires, l'Extrême-Orient 23,1 %.

Où trouver les chiffres officiels du cognac ?

Les chiffres officiels des expéditions de cognac sont publiés par le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), en général en février pour l'année civile écoulée et à l'automne pour la campagne d'août à juillet. Le site cognac.fr présente les données de structure de l'appellation ; la presse spécialisée reprend les bilans détaillés par zone. Les résultats de l'année 2026 paraîtront début 2027.

Mise à jour le 18 octobre 2026, à partir des bilans BNIC 2024 et 2025.

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